10 jours donc, pour m'y rendre.
J'ai décidé de remonter au Nord, pour passer à l'intérieur des terres dans les régions agricoles, et si possible de trouver un peu de boulot, du fruit-picking, sur le chemin.
Je suis arrivée le soir même à Shepparton, sous des trombes d'eau.
Après avoir fait un tour rapide en ville, je suis tombée sur 3 français et 2 italiens sur une aire de repos. Les italiens m'ont conseillé de ne pas travailler dans la cueillette des pommes ni des poires, une des spécialités de la région pourtant, car la paye était ridicule et les conditions de travail terriblement mauvaises. Ils m'ont conseillé le raisin.
Il était de toute manière trop tard pour entreprendre quoi que ce soit, j'ai donc cherché un endroit où dormir, et décidé de me diriger le lendemain vers Mildura, plus au Nord-Ouest, où apparemment il y avait des vignes.
Après avoir passé la nuit sur cette aire de repos infestée de criquets, j'ai donc continué mon chemin, sous des averses fréquentes.
Une pause à Echuca, pour me renseigner sur les opportunités de fruitpicking dans la région, un coup de fil à la hotline du fruitpicking, qui me conseille de retourner à Shepparton (il est bien entendu hors de question de retourner sur mes pas) ...
Alors j'ai fait un petit tour en ville, qui présentait une architecture que je n'avais pas beaucoup rencontrée jusque là, et me voilà à nouveau sur la route.
Une déviation m'a fait faire un détour près de la frontière du New South Wales.
En voyant le paysage autour de moi, je me suis demandée quelle était la hauteur d'eau sur la route fermée...
Puis, plus je remontais vers le Nord, plus le paysage autour retrouvait son aspect de terre ferme.
J'ai passé le 143° méridien Est ...
Puis je suis arrivée à Robinvale, une toute petite ville où j'ai trouvé 2 vans de français posés sur le parking de la gare. Gare dont les installations avaient le mérite d'offrir une douche chaude et gratuite.
Il campaient apparemment là depuis plusieurs jours sans être inquiétés par les rangers, j'ai donc décidé de rester avec eux pour la nuit.
Les français m'ont filé le numéro de quelqu'un qui recrute des backpackers pour travailler dans les vignes. Je l'ai appelée, elle m'a dit qu'à cause de la pluie, il n'y aurait pas de travail le lendemain, et peut-être pas le jour d'après.
A ces nouvelles, ajoutées aux histoires d'araignées à chaque coin de grappe que j'avais entendues toute la soirée auprès des français, j'ai décidé de pousser mon chemin encore un peu plus loin le lendemain...
Après un bout de route repassée dans le New South Wales, j'ai retrouvé le Victoria en arrivant à Mildura.
Mildura, une ville relativement grande de campagne, avec de jolis bâtiments par-ci par-là.
... et des quantités de vignes partout.
Vignes sûrement emplies d'araignées grosses comme la main...
J'ai posé mes pieds dans la terre rouge d'Australie, et j'ai passé mon chemin.
Tout d'un coup, je suis redescendue vers le Sud.
Mission : passer en South Australia et dormir le soir-même au milieu du Big Desert Wilderness Park.
Les inondations se sont faites souvenir, les arbres se sont faits épars.
A 400 km près, tout avait changé.
Je suis arrivée tard sur la dernière ligne droite, perdue.
J'ai assisté à un coucher de soleil magnifique au milieu de ce parc désertique, et juste avant que la nuit tombe, j'ai failli louper l'entrée du camping, absorbée que j'étais à admirer les couleurs du soir.
Il y avait une seule autre caravane dans le camping, un couple de vieux Australiens qui m'ont invitée à boire un thé. Rob et Joy, très accueillants.
Je les ai revus le lendemain matin, ils partaient comme je me levais, et Rob m'a conseillé un itinéraire pittoresque lorsque j'arriverais vers Adélaide.
J'ai suivi ses indications, et suis arrivée à Tailem Bend, où l'on a une jolie vue au-delà de la Murray River, vers la Péninsule de Fleurieu.
J'ai poursuivi jusqu'à Murray Bridge, où j'ai fait le tour des boulangeries, hôtels, bars et restaurants pour savoir s'ils cherchaient du personnel. En vain.
Devant l'office du tourisme, j'ai rencontré un autre Rob, qui est venu me parler en voyant ma plaque d'immatriculation. Il m'a dit qu'il y avait du travail dans la région en fruitpicking. Lui est professionnel fruit-picker, il a dit qu'il allait récupérer quelques numéros de téléphone, et que le lendemain, même lieu même heure, il me donnerait ces contacts.
En attendant, j'ai continué mon chemin vers la péninsule de Fleurieu.
J'ai traversé une région d'élevage de vaches laitières, et on dirait que j'y étais au moment de la traite...
Ceci est un taureau et deux vaches.
J'ai fini par retrouver l'océan à Goolwa.
Il ne faisait pas chaud, d'où le pantalon, et le panneau disait, attention aux serpents, d'où les tongs.
Je sais, c'est illusoire, si serpent j'avais rencontré, elles ne m'auraient guère aidée ...
Dans une pizzeria à Goolwa, on m'a dit que l'hôtel de Middleton, la ville d'à côté, cherchait un kitchen-hand (un commis de cuisine ?).
Donc j'y suis allée.
Tout le long de la côte, une plage immense, balayée par le vent, et des vagues en pagaille.
Sur le chemin, je me suis perdue dans les quartiers résidentiels de Middleton, emplis de baraques superbes.
A Middleton, on m'a dit qu'ils recherchaient un apprenti et que j'étais trop vieille, alors je ne me suis pas encore laissée abattre et j'ai continué jusqu'à Port Eliott, quelques kilomètres plus loin.
Dans cette petite ville charmante, le patron d'un resto italien m'a dit de revenir le lendemain soir pour un essai.
J'ai roulé encore jusqu'à Victor Harbour.
Le soir tombait, je me suis fait à manger sur le parking d'un espace vert où il y avait un barbecue, et j'ai cherché où dormir.
A Victor Harbour, les rues étaient désertes. Difficile de se garer incognito au milieu des autres voitures quand il n'y en a pas ! J'ai fini par me poser sur le parking d'une station service, pas loin d'un autre van.
Le lendemain matin, quand je me suis réveillée, deux autres s'étaient garés là pendant la nuit.
Après une douche froide revigorante le long de la plage, j'ai fait le tour des hôtels, restaurants, bars, boulangeries de Victor Harbour.
Rien.
Alors je suis allée de l'autre côté de la Fleurieu Peninsula, je suis arrivée à Noarlunga face à une vue magnifique.
A Noarlunga il n'y avait pas grand chose, donc j'ai poussé jusqu'à Brighton, plus près d'Adelaide.
Là, j'ai encore fait le tour des bars, hôtels, restos, on m'a dit à un endroit de revenir une heure plus tard pour voir le manager.
Une heure plus tard, le manager m'a dit qu'il venait juste d'arriver sur le poste, qu'il lui fallait au moins une semaine pour y voir clair, et qu'il me recontacterait ensuite s'il avait besoin.
Ok (mais trop tard).
En attendant, il était l'heure que je retourne à Murray Bridge pour être au rendez-vous que m'avait fixé Rob.
Rob, qui n'est jamais venu.
Que j'ai attendu juste assez longtemps pour lui laisser la possibilité qu'il soit juste en retard.
Juste assez longtemps pour être sûre de ne pas pouvoir être à l'heure à l'essai dans le resto italien de Port Eliott...
Ce soir-là, j'étais dépitée.
J'ai trouvé un endroit sympa au bord de la rivière à Murray Bridge, et j'ai regardé les fourmis.
Et le coucher de soleil.
Et puis j'ai trouvé un arbre sur le parking d'un supermarché, et je me suis posée là pour la nuit.
5 jours - 1500 km - 3 états - 0 job ...
Je suis impressionnée par l'itinéraire !
RépondreSupprimerAlors maintenant tu es où ? tu as trouvé quelque chose ? je t'embrasse
Ps : c'est bien que pour une fois tu aies vu des fourmis et pas des kangourous ou des perroquets, tu me mets un peu à notre niveau