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mardi 13 septembre 2011

Escale à Cairns

Alors voilà.

Ce mercredi 25 Mai vers midi, on est arrivés à Cairns, on a trouvé une place de parking, et il était temps.
Parce que, pendant l'heure qui a suivi, à chaque fois que j'ai essayé de démarrer, la boîte de vitesse n'a rien voulu savoir.

Un gars qui passait par là en vélo a jeté un coup d'oeil au moteur mais n'a rien vu de spécial.
Alors les garçons sont allés porter leurs affaires à leurs backpackers respectifs, et moi, je suis allée à l'office de tourisme, pour obtenir des numéros de téléphone de garagistes. Et puis pour savoir où il me serait possible de dormir, aussi, et la dame a été beaucoup moins sympa que celle d'Atherton qui m'avait parlé de Kairi.
La dame, elle a commencé à me regarder un peu de haut, et elle m'a dit qu'ici, on ne pouvait pas faire de free-camping, non, ici, si on veut dormir, on va au caravan park qui coûte $30 la nuit, ou au backpacker.

Ok Madame, merci pour ton aide mais j'ai plus de sous, j'ai sans doute même pas assez de sous pour faire réparer mon van, donc désolée pour ton caravan park, et désolée pour ton interdiction, mais je vais trouver où dormir gratuitement sans ton aide...


Je suis retournée au van, les garçons m'attendaient, j'ai réussi à avoir un garagiste qui m'a proposé de passer quand je voulais pour voir ce qui clochait.

On y est allés tous, parce que les garçons tenaient à m'accompagner, et j'ai expliqué au garagiste ce qui s'était passé avec la boîte de vitesses. Il a regardé le liquide d'embrayage, qui n'était pas vide, et il a voulu faire un tour avec pour voir par lui-même.

Bien entendu, le van s'était refroidi entre-temps, et la boîte de vitesses marchait à merveille.
Le seul problème, ça a été quand le coffre, qui était un peu dur à refermer et que les garçons ne maîtrisaient pas vraiment, s'est ouvert au démarrage à un feu vert, et que les deux caisses de nourriture qui y étaient sont tombées en plein milieu du carrefour... Par chance, c'était la fin du voyage, on était presque à sec de provisions.

Après le tour en van, et avoir jeté un coup d'oeil dessous, il a dit qu'il ne voyait pas où était le problème pour le clutch, mais que par contre, les grincements sinistres provenaient du universal joint, le joint de cardan, qui se baladait alors que ce n'est pas normal.
Pour info, un joint de cardan qui se dévisse, se dévisse de plus en plus, et quand ça casse, d'après ce que j'ai compris, on perd plus ou moins le contrôle du véhicule...

Donc, le gars m'a dit, voilà pour le universal joint, mais pour ton embrayage, je ne peux rien faire, c'est sûrement un problème interne, ce qui veut dire qu'il faut sortir le système d'embrayage et de boîte de vitesse, et tout ça c'est très lourd, il faut au moins deux personnes, et moi je travaille tout seul. Par contre, dans la rue derrière, y a deux garages qui peuvent peut-être t'aider.


Dans la rue derrière, le premier garage m'a donné rendez-vous pour un devis le lendemain à 14h, et le deuxième garage, à 8h30.


En attendant, c'était le milieu de l'après-midi, et avec toutes ces aventures, on en avait oublié de manger. Il faisait très chaud, et il faisait très faim.

Le van est resté garé dans la rue de derrière jusqu'au soir, pendant que j'allais faire quelques courses de nourriture avec les garçons. On est ensuite allés se poser sur l'Esplanade de Cairns, un grand espace vert entre l'océan et la route de front de mer, endroit de repos et de détente de beaucoup de monde.



Bien sûr, là, c'est désert, je ne sais pas quand j'ai pris cette photo,
mais en vrai y a toujours plein de monde assis dans l'herbe ou qui se promènent.



Le soir, j'ai passé au moins deux ou trois heures dans le centre commercial, où j'avais trouvé une prise électrique. Je me suis branchée là avec l'ordinateur, et j'ai fait ma déclaration d'impôts, et j'ai traîné sur internet... L'heure étant tardive, les magasins étaient tous fermés, laissant uniquement les fast-food ouverts. Il n'y avait pas grand monde...
Le vigile et les femmes de ménage ont fini par bien me situer, et moi je leur faisais de grands sourires désolés.
Quand je suis partie, c'est tout juste s'ils ne m'ont pas fait la bise.

Les centres commerciaux, en Australie, c'est bien : y a des toilettes (plein) super propres et qui sentent bon, y a des bancs accueillants, et dessous y a des prises électriques en libre service, que si on se branche dessus personne ne vient nous brandir un doigt menaçant sous le nez (contrairement à chez MacDo).


Pour la nuit, j'ai tourné un peu avec la Kirravelle dans les quelques pâtés de maisons autour du garage, pour finalement jeter mon dévolu sur une petite rue résidentielle.
Malgré la présence tard ce soir-là d'un gars qui est venu téléphoner à 10 mètres du van, dont j'ai eu peur qu'il soit un délateur, je n'ai pas été réveillée par les rangers.


Dès l'aurore, le jeudi, je suis repartie me garer devant le garage.




Et, pendant les deux heures qui me séparaient de l'heure de rendez-vous du matin, je suis partie prendre mon petit déjeuner sur l'Esplanade.



La rue du garage




Les avenues larges de Cairns




Atmosphère tropicale




Lumière du petit matin, rues désertes


Je suis revenue à 8h30, leur laisser les clés et prendre de quoi m'occuper pendant la matinée. Je suis allée sur l'Esplanade.
A 11h30, je suis revenue, et le van n'avait pas bougé. Ils m'ont dit de repasser plus tard. J'ai pris à manger et je suis repartie sur l'Esplanade.
A 14h, le garagiste m'a dit qu'il allait y jeter un coup d'oeil dans la demi-heure.

A 14h30, j'étais au centre commercial d'à côté, et il m'a appelée.
Il fallait que je vienne voir.

J'ai vu : le van en l'air, le dessous du van, et là, le joint de cardan qui se baladait.
L'embrayage ? La boîte de vitesse ? Il m'a dit pareil que l'autre : de ce qu'il a vu, y a aucun problème. Mais il me croit quand je lui dis qu'il y a eu un gros problème. Donc il suppose que le disque d'embrayage est en fin de vie, qu'il commence à lâcher petit à petit. Mais que c'est quand même bizarre, parce qu'en général, quand ça commence à lâcher, ça revient pas à la normale comme ça...


Enfin bref.
Pour avoir juste regardé le van, c'était $27 s'il me plaisait.
Pour le joint, ça serait $300.
Pour l'embrayage, mais il me conseillait plutôt de voir jusqu'où je pourrais aller avec, oui, parce que sinon ça serait au moins $800...

Et ben... pour les 27 dollars, ça allait.
Pour les 300... je ne les avais plus, je ne les avais pas encore, en attente d'un petit virement de France.
Quant aux 800... : je n'y pensais même pas.


Je lui ai dit, à partir de lundi, il a dit ok, et j'en ai profité pour lui demander si c'était à lui, le petit terrain vague avec des voitures dessus, à côté de son garage.
Il a dit non, c'était à son voisin, qui n'était pas là.

J'ai demandé s'il pensait que ça poserait problème si je laissais mon van là et que j'y dormais pendant la nuit.
Il a commencé à faire la grimace, il a dit, normalement c'est interdit, tout ça. J'ai dit : je me fais toute petite, je suis très discrète, personne ne saura que j'y dors...
J'ai fait les yeux du chat de Shrek.


Et il a dit : ok, tu peux te mettre là, et si jamais les rangers viennent t'embêter, tu leur dis que c'est moi qui t'ai dit que tu pouvais. Et puis si jamais t'as besoin, y a des toilettes, là, derrière.

Parfait ! Merci !
:)


Je suis allée passer la fin de l'après-midi, plus sereine, à bouquiner sur l'herbe de l'Esplanade, près du Lagoon.



Le Lagoon




La promenade de l'Esplanade


Franck qui se baladait par là (Cairns est quand même une petite ville...) m'a vue et s'est arrêté. On est convenus de se retrouver le soir à son backpackers, avec Armin, pour boire un coup.
J'ai découvert qu'il y avait des douches chaudes gratuites près du Lagoon, une piscine à ciel ouvert sur l'Esplanade, ouverte à tous et gratuite. J'en ai profité.

Le soir venu, c'était bien sympa, dans le bar où on était j'ai reconnu des gens que j'avais croisés à Darwin (l'Australie est finalement un petit pays).
Les deux bières pas chères, à jeûn, m'ont vite mise pompette. J'ai quand même réussi à mettre deux buts au babyfoot.
Mais quand la musique est devenue trop forte et que le bar s'est transformé en boîte de nuit, je suis rentrée me coucher au van.




La nuit fut fraîche, bonne, et sans souci.


Le vendredi, ça a été un peu pareil que la veille.

Le matin, je suis partie du van avec de quoi petit déjeuner sur l'Esplanade, puis me doucher.
Pendant que je petit déjeunais, des gars que j'avais aperçu la veille sont venus me parler. Pas aggressifs, même sympas pourquoi pas, s'ils n'avaient été un peu trop insistants et en mode disque rayé. Ils carburaient, d'après ce que j'ai compris, à de petites pilules qui font voir Mickey.

Après avoir refusé 2 demandes en mariage et 3 propositions de joint, j'ai fini par m'échapper avec le juste prétexte de la douche.



Promenade, entre le Lagoon et la baie




Fraîche, la température du matin !




Mes bancs du petit déj


Ensuite, je suis allée faire un échange d'affaires au van : troquer le petit déj et les affaires de toilette contre ordinateur et bouquins.

Toujours sur l'Esplanade, mais à différents endroits.




Le temps était un peu long.

Au petit matin et en fin d'aprèm, il faisait frais malgré le soleil, qui se mettait à taper assez fort en milieu de journée.
Je suis allée acheter à manger au centre commercial.
Je suis retournée sur l'Esplanade.




Je me posais des questions : quand je récupérerais le van réparé, j'allais faire quoi ?
Continuer avec, au risque qu'il me claque entre les doigts ? Toute seule, puisque je ne supportais plus de voyager avec personne ? Mais si je continuais le covoiturage, ça me ferait toujours dépenser moins...
Et si je le vendais ? Oui mais alors, je rejoindrais Sydney comment ? Je ne supporterais sûrement pas de voyager dans le van de quelqu'un d'autre. En avion alors ? Et oui, mais alors, je ne pourrais pas retourner à One Mile Beach, la plage de ma première nuit de voyage, je ne pourrais même pas revoir Avalon ou Newport Beach, au nord de Sydney...
Mais allais-je prendre le risque de continuer avec la Kirravelle, qui montrait de plus en plus de signes de faiblesse ... ?




Dans l'après-midi, une mouette m'a fait dans le dos, en plein milieu, paf, comme ça.
Bien salement.
Au début j'ai pas compris ce qui m'avait touché, j'ai cru à une petite balle, par exemple lancée par mes amis les toxicos, alors bien sûr, j'ai mis la main dedans...
Ca m'a occupée un moment, le temps d'aller laver mon t-shirt aux toilettes, de le faire sécher.


Et puis ce fut le soir (le vent fraîchit, la montagne devint violette, tout ça), je suis rentrée au van pour poser mon bazar et prendre quelque chose à manger.
Flemmarde, j'ai décidé que j'allais mon contenter de noodles, froides.
Gourmande, j'ai pris en plus deux tartines au Nutella.

Le temps que les noodles ramollissent, je suis allée sur l'Esplanade (oui, encore, toujours...) avec ma gamelle à la main.
L'air de rien, je faisais mon quota de kilomètres tous les jours : du van à l'Esplanade, ça faisait environ 1,5 kilomètres aller simple, une petite demi-heure à chaque fois.


Sur l'Esplanade, j'ai croisé Franck encore, papoté un peu.
Puis il est rentré, et je me suis assise sur un banc, et j'ai commencé à manger.

Et là, un gars est passé, s'est assis sur le banc d'à côté, et a levé la tête comme pour regarder les étoiles. Avec les lampadaires bien brillants tout le long de la promenade.
Alors je lui ai fait la remarque, qu'il ne verrait pas grand chose ici.

Du coup, on s'est mis à discuter.
Il était Canadien, s'appelait Liam, et venait d'arriver à Cairns.
Il a eu un peu pitié de mes noodles froides.

On a discuté beaucoup, on s'est baladés un peu, et puis il s'est fait tard, je lui ai montré deux ou trois endroits où il pourrait dormir dans son 4x4 et peut-être échapper aux rangers.
Comme personne n'avait rien de prévu pour le lendemain, on s'est donné rendez-vous au matin à côté du Lagoon.




Et je suis rentrée à la Kirravelle pour la nuit.

8 commentaires:

  1. C'est une blague, là?
    C'est quoi, cette chute, en pleine histoire, alors que tout le monde trépigne depuis 2 mois pour connaître la suite?
    Alors qu'on a pris l'habitude (mauvaise, peut-être...) d'avoir des articles beaucoup plus longs!
    En plus Cairns ça a l'air bien sympa...on y serait bien restés encore un peu.
    Oui d'accord, le travail, et tout ça...mais quand même!

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  2. Ah mince, t'as déjà répondu ! J'étais encore en train de fignoler les derniers points ;)

    Ben, la suite, pour moi c'est un autre mini-chapitre, c'est pour ça que j'ai coupé là ! Et puis, l'article suivant est en bonne voie.

    :)
    Et puis, quoi, je travaille hein ;)

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  3. Par contre j'ai bien peur de ne pas avoir pris beaucoup plus de photos que ça à Cairns... J'ai beaucoup été à l'Esplanade... Mais bientôt : les environs !
    :)

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  4. Ah, mon regard s'est illuminé à la lecture de cette phrase : "Il était Canadien, s'appelait Liam, et venait d'arriver à Cairns.".

    Alors maintenant, j'aimerais bien en savoir plus !!
    A moins que tu puisses me le raconter de vive voix ...

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  5. Alala quel suspens ! Tu sais nous maintenir en haleine ! Bon allez, vite la suite ! :)

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  6. la Peydière mécontente15 septembre 2011 à 05:11

    Et je suis rentrée à la Kirravelle pour la nuit....

    Mais tu te fous de tes lecteurs complètement malades par l'addiction que tu as crée avec ce blog; Une photo, please a picture of Liam

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  7. RRRaaaaah le suspense insoutenable!

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  8. Emma : en voilà un peu plus pour ta curiosité ;)

    Florence : votre souhait est exaucé madame :)


    Je constate que dès que ça commence à croustiller, tout le monde se précipite, hein ;)

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