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mardi 19 avril 2011

Du 8 au 17 Mars - à la conquête de l'Ouest

Et donc voilà, le 8 Mars au matin, je récupérais Eddie et [j'ai-déjà-oublié-son-nom] (je sais, c'est mal) (nan ça y est, j'ai retrouvé, c'est Jessica) (je crois...) à leur backpackers à Adelaide.

Ca va vous sembler sans intérêt pour l'instant, mais voilà quels étaient les différents points sur lesquels on s'était mis d'accord. Ou du moins les objections n'ont pas été formulées, ou clairement pas formulées assez clairement, et quand je dis des choses qui conditionnent un voyage et que je reçois un hochement de tête souriant en retour, je prends ça pour un oui :

Le trajet :
- j'avais 3 semaines pour faire le trajet, mais ça ne me dérangeait pas d'arriver quelques jours plus tôt.
- je ne souhaitais pas faire de détour par les 2 premières péninsules qu'on allait passer, mais traverser rapidement le désert pour ensuite prendre plus de temps dans le Sud-Ouest de l'Australie.

Le partage des frais :
- ils paieraient à eux deux les 3/4 des frais d'essence, considérant les frais que j'avais du investir pour la maintenance et la "vignette" du van.
- j'avais fait le plein avant de partir, donc on ferait le plein en arrivant avant de se quitter
- on partagerait en parts égales les achats de nourriture.

Le reste :
- je leur prête une tente pour dormir, un sac de couchage
- "j'ai de quoi faire à manger"
- ils n'ont pas le permis, donc je conduirai tout le trajet.

Voilà.
Je reviendrai là-dessus plus tard.


Donc on est montés en voiture, et la pluie fine qui tombait s'est transformée en véritable pluie tropicale, le genre qui trempe en en 5 secondes (et je n'exagère pas).
On a fait un premier stop chez Coles pour acheter de quoi manger, et on a pris la route.

Après avoir traversé beaucoup de nuages et beaucoup de litres de pluie, on est arrivés à Port Augusta lors d'une éclaircie. A l'office du tourisme, on nous a indiqué un camping gratuit à Point Lowly. On est partis de Port Augusta et la pluie a repris.

En fait de camping, on est arrivés à Point Lowly face à un grand parking où étaient garés de nombreux campeurs plutôt bien équipés : caravanes, camping-cars, bus, tous avec une remorque portant un bateau. C'était surtout un coin de pêcheurs.
Il y avait cependant un bâtiment de sanitaires, le seul gratuit pour un long bout de chemin à venir...

La pluie tombait toujours autant, planter la tente sur du béton, sous la pluie, malgré les rafales violentes de vent, ne s'avérait guère possible.
Après un sandwich, faute de pouvoir faire autre chose, on a dormi à 3 dans le van, les deux filles derrière et Eddie sur les sièges avant.


Le lendemain, il ne pleuvait plus. Mais c'est pas pour ça qu'il faisait beau...


La veille au soir, on avait eu le temps de bien discuter du trajet, et j'avais vu que Jessica avait quand même envie de descendre dans la Eyre Peninsula, elle en avait entendu du bien.
Et de mon côté, j'avais vu que ça ne représentait que 2-300 kilomètres de plus, bien moins que ce que j'avais cru au début.

Du coup, j'ai dit ok, et on y est allés.



On a voulu aller voir des dunes, des colonies d'animaux, mais il avait plu et les routes de terre pour y arriver étaient inondées, on a donc du faire demi-tour.

On s'est arrêtés à Port Neill pour manger, et le soleil était revenu.






Un peu plus loin à la ville, à Port Lincoln, on nous a indiqué une plage où aller camper.
On s'est donc rendus à Fishermans Bay, ou un truc du genre, tout au sud de la péninsule, après un bon bout de route de gravier.



Il y avait un autre van avec un couple de français, avec qui on a bien discuté pendant que la nuit tombait et que le van restait grand ouvert...
Ils nous ont raconté qu'ils avaient eu des souris dans leur van, qu'ils les entendaient marcher la nuit, qu'elles les regardaient depuis les repose-têtes pendant la nuit...

C'est justement ce soir-là que la souris est entré dans le van...
En plein milieu de la nuit, j'ai entendu farfouiller dans le sac plastique qui contenait la vaisselle sale. Des petits pas. Des bruits de sac plastique.
Là, j'étais bien réveillée.
J'ai attrapé ma lampe de poche, éclairé et tout d'un coup, bruissement, et puis plus rien.
Rhaaaa!

J'ai fini par me rendormir.



Le lendemain, on est allés au Coffin Bay National Park.

On en a vu des émeus en arrivant au parking.


On a fait une balade d'une petite heure en suivant un sentier, et en guettant pour essayer d'apercevoir un goanna, qui est une sorte d'iguane local. Peine perdue.

[après un petit googling je m'aperçois à l'instant qu'en fait "goanna" est la traduction anglaise de "varan"...]

On est rentrés au van, on a mangé, et Eddie et Jessica sont repartis pour une autre petite rando pendant que je faisais la paresseuse et restais à bouquiner tranquillement à l'ombre.
Ils avaient juste tourné le coin du chemin que je l'ai vu.
Il était là, sortant en rampant tranquillement de sous la barrière où j'étais assise 30 secondes plus tôt.
"Jessicaaaaaaaa!", j'ai crié.
"Ouiiiiiiiiii ?"
"Revenez y a un goannaaaaaaaaaaaaaaaaa !"

Ils ont accouru, et on l'a tous vu : un petit goanna, qui s'échappait tranquillement...


Quand ils sont revenus, on a pris le van pour aller voir les divers points de vue du parc.
C'était magnifique.



Et puis, il était temps de sortir de là et reprendre la route pour marquer quelques kilomètres de plus avant la nuit.

Pour le campement du soir, on visait un endroit particulier, et on était déjà limite en temps pour y arriver avant la nuit. Si en plus je vous dit que l'endroit n'existait pas...
Enfin, un endroit indiqué sur 3 papiers différents à 3 endroits différents, on se demande si c'est pas le Quai 9 3/4 de Harry Potter, on se demande si le truc est réel, indiqué, on se demande s'il faut pas tracer à travers champ vers le soleil couchant pour y arriver...

Faute de trouver, quand la nuit est tombée on a fini par se décider pour tourner à gauche, dans une petite route vers Talia Caves.
On a roulé, longtemps, sur une gravel road. Et croyez-moi, rouler de nuit sur une gravel road, c'est horrible. On a pas la visi qu'il faudrait sur l'état du sol, il faut rouler encore plus lentement, et surtout, on ne sait pas où on va. La route pourrait zig-zaguer pointlessly devant et revenir sur ses pas, qu'on suivrait bêtement sans s'en rendre compte....

On a fini par arriver sur un petit parking nu, devant un panneau qui indiquait Talia Caves, et une belle interdiction de camper.
Sauf que là après 7km de gravel road, faut pas pousser mémé dans les orties, hein, on a bravé l'interdiction.

L'avantage, d'être perdus là, au milieu de nulle part, c'est qu'il n'y avait aucune lumière à des kilomètres à la ronde, et on voyait plutôt bien les étoiles.
On a tous passé une bonne nuit, et le lendemain matin, je me réveillais pour le lever de soleil, et la découverte du paysage autour.



Petit déjeuner à Talia Caves :


Puis pause matinale à Venus Bay, rien d'autre qu'un tout petit village avec port de pêche (et pélicans, et beau paysage, tout ça, oui, on est en Australie...) :


A midi, on s'est arrêtés à Streaky Bay, charmant petit village presque à la sortie de la péninsule
.
On y a fait les dernières courses avant le désert.



Un peu plus loin à Ceduna, on s'est arrêtés pour savoir où dormir le soir. A l'office du tourisme, le gars nous a dit : vous sortez de la ville à au moins 16 km, et vous pouvez camper n'importe où.

Ok...

Avant de partir définitivement, on a fait le plein à la station service, et on s'est renseignés sur le prix des douches : 5 dollars, cher...
On était en train de délibérer au van (douche? pas douche ?) quand un gars est arrivé, chapeau, face rouge, dents qui manquaient, dégaine de cow-boy rebelle mais allure débonnaire...

Il a dit : vous savez guys, si vous passez par derrière, y a une porte pour aller discrétos à la douche.
Ah bon ? qu'on a dit, intéressés.
Oui, qu'il répond. Pourquoi, c'est combien la douche ici ?
5 dollars, qu'on répond.

Et là......... Et là, le mec dort de sa poche un billet de 20 et le colle dans la main d'Eddie. On est tous les 3 sidérés, Eddie proteste, essaie de lui rendre son billet, le gars dit non non, et s'en va, en disant "F*ck them all!" en souriant et montrant du menton la station service...

Bon, ben... pas le choix, "faut" aller à la douche maintenant !
En y allant on l'a recroisé, il nous a demandé où on allait, et que si on passait à Coolgardie où il habite, on pouvait venir boire un coup chez lui, mais on lui a dit que c'était pas sur notre chemin, désolés...


Après une bonne douche, on a donc pris la route, pour un long chemin dans le désert...
Pas de ville, pas de réseau téléphonique, pas... pas... pas grand chose.





A la première aire d'autoroute assez éloignée après Penong, qui nous a parue convenable, on s'est installés, l'esprit tranquille (on nous dit qu'on peut, on peut!), pour la nuit.

On a eu droit à un superbe coucher de soleil.


Et puis la lune est apparue, la nuit est tombée...
Les camions ont continué de passer, pas loin de là.


Et on a eu le spectacle superbe des étoiles et de la Voie Lactée...





Le lendemain matin, petit déjeuner au milieu des mouches (insupportables dès qu'on est dans la campagne, elles sont partout), et en route !



Alors, on traverse le désert.
Y a pas grand chose autour.
Mais justement, le peu de choses qu'on voit revêtent du coup un aspect plus important que croisées n'importe où ailleurs...



le van perdu
un road train - des loooongues distances avant d'arriver
un CYCLISTE !!!
et on est entrés dans le Nullarbor, la plaine sans arbres...



Et puis, on a vu les panneaux australiens typiques, alors en bons touristes, on a fait des photos :)


On est arrivés à la Nullarbor Roadhouse.


Une roadhouse, c'est un endroit au milieu de nulle part où il y a station service, restaurant, take-away, quelques articles de première nécessité et nourriture à prix prohibitifs, camping/caravan-park, parfois aussi motel... Tout ça étant un seul et même établissement.

On a continué la longue route au milieu du Nullarbor.
Heureusement, de temps en temps il y avait des points de vue, à quelques centaines de mètres sur la gauche, prétexte de pauses et dégourdissement de jambes.
Mais des pauses pas trop longues, parce qu'il faisait froid. Le soleil était plus ou moins là, oui, mais le vent, encore lui, était bien présent.



Enfin, on est arrivés à la frontière South Australia - Western Australia.

Il y avait une française qui bossait à la station service, là, et j'ai un peu discuté avec elle. Voyageuse, elle aussi.

Pour passer de l'autre côté, à cause de la quarantaine entre états, un agent a demandé à voir la "cuisine" du van pour vérifier qu'on lui avait bien donné tout ce qu'il fallait (à savoir tout fruit ou légume cru, des trognons de pomme et 3 patates en ce qui nous concernait) (avec le recul, je me demande si j'aurais du déclarer la souris...).

Et on est passés en Western Australia.
J'avais entendu dire qu'il valait mieux faire le plein au village 10 kilomètres après la frontière, et en effet, le tarif était moins élevé à Eucla (dans ces roadhouses, le prix du premier sans plomb pouvait atteindre les 2 dollars...).




Eucla, c'est la seule chose qui ressemble presque à un village qu'on ait croisée entre Ceduna et Norseman, entre le bout Est et le bout Ouest de la traversée.
Les distances sont indiquées au-dessus...

Un peu plus tard, on a trouvé une autre aire d'autoroute qui s'enfonçait un peu plus dans le bush, et on est allés se poser derrière quelques arbres pour plus de tranquillité.
Depuis la route, si on ne regardait pas attentivement, on ne nous voyait pas.

On a eu encore ce soir-là un superbe coucher de soleil.



Le jour suivant fut encore consacré à rouler au milieu de rien, en passant de temps en temps près de roadhouses.


On a vu des arbres à chaussures, des arbres à vêtements... on a même vu un arbre électronique, avec divers appareils dont une télé et son antenne !


On est passé sur des pistes d'atterrissage d'urgence :


Aperçu de la longue plaine :


Passage à Cocklebiddy, roadhouse pourvue d'humour :




Plus loin, j'ai effectué la plus longue ligne droite d'Australie :





Et le soir, on s'est arrêtée dans une aire d'autoroute prévue à cet effet.
Encore un coucher de soleil mémorable.


Le lendemain, après deux jours et demi de traversée, on sortait enfin du désert.

A partir de là, on a retrouvé le premier réseau téléphonique à quelques kilomètres de Norseman.
Et puis 2 ou 3 fois, sur la route, on a vu un cadavre d'animal (bon, en fait plus souvent, les cadavres) avec un truc énorme qui bougeait dessus.
Une bête. Unidentified.
Plus on s'approchait, plus on tendait le cou. Un chien ?
Et en passant à côté, la bête déploie ses ailes et s'envole.
C'était des aigles. C'est gros et musclé, un aigle !
(pas de photo, malheureusement...)



Norseman, encore plus que Ceduna, était une petite ville à l'ambiance bizarre.
Des aborigènes naviguaient à droite à gauche, sans but apparent, assis sur les trottoirs dès le matin.


On a continuévers le Sud jusqu'à Esperance, où on a mangé, puis on s'est dirigés vers le Cape Le Grand National Park.

Sur le chemin, j'ai du freiner pour éviter de percuter 3 idiots émeus qui ont traversé lourdement juste devant moi...
Et puis, presque arrivés à notre site de camping, on a croisé deux kangourous sur le bord de la route, qui nous ont regardés passer...


Et enfin, on est arrivés au camping, on s'est rapidement installés, et on est allés à la plage.

C'était superbe,
C'était magnifique,
C'était irréel,
C'était incroyable.


Le sable était blanc, l'eau translucide, et trois kangourous broutaient les algues sur la plage.


Ils n'étaient absolument pas peureux, et celui de la photo précedente est venu vers moi renifler l'objectif quand je me suis approchée de lui. Au point que j'ai dit "Héé, tu vas faire des traces dessus !"...
J'ai même pu le toucher...


Là encore, il y avait un tout petit qui tétait sa maman.


Le soir, petit interlude agréable...
Nos voisins de camping étaient trois charmants australiens comme tout droit sortis d'un film hollywoodien (jeunes mais pas trop, beaux mais pas trop, musclés mais pas trop, et le lendemain ils faisaient du jet-ski sur la plage...). Et il n'y avait même pas une foule de blondes pendues à leurs chevilles.
(J'ai déjà dit ça : vive l'Australie ?)


Le mardi matin, on s'est levés aux aurores (cela dit, grâce à la souris, j'étais déjà réveillée depuis un bout de temps, pour ne pas dire que j'avais pas beaucoup dormi...) pour se balader sur la plage et peut-être à cette heure matinale voir d'autres kangourous.
Ils n'étaient cependant pas au rendez-vous, mais les nuages qui assombrissaient le paysage le rendaient d'autant plus beau.



Le sable était vraiment incroyable : il était tellement fin et blanc, on aurait dit de la farine. Ou du sels




J'ai vu une bull-ant, énorme fourmi avec des pinces au bout :




Et puis on a levé le camp, pour aller voir les autres plages du parc national.
Elles étaient toutes aussi magnifiques.

Hellfire Bay




On a fini par repartir de là, et après un dernier passage à Esperance, et on a repris la route en direction d'Albany.

Ca faisait un bout de chemin, et le soir, on a du dormir sur une aire d'autoroute, pas très agréable celle-là.
De plus, au réveil le lendemain matin, il pleuvait des cordes et Eddie et Jessica ont été inondés dans la tente.

On a continué le chemin, mangé sur la route vers midi, et on a fini par arriver à Albany en milieu d'après-midi.

On avait croisé beaucoup de gens sur le chemin qui disaient : Esperance, c'est une jolie petite ville, bla bla, et on avait été déçus par Esperance. Ok, les environs sont superbes, mais la ville en elle-même ne présentait aucun intérêt.

Albany, par contre, m'a plu.
Un petit centre-ville sympa, des bâtiments originaux, il y avait une atmosphère...




C'est juste dommage qu'il se soit mis à pleuvoir, encore...
A l'office du tourisme, ils nous ont indiqué 2 ou 3 campings gratuits dans les environs, et on s'est décidés pour l'un d'entre eux.

Là-bas, il y avait plein de gens, et surtout plein de français, on a bien discuté avec tout le monde, c'était sympa.

Le soir, au moment de faire des pâtes, la bouteille de gaz a fini de se vider, et c'est à partir de là que ça a commencé à mal tourner.


Déjà, deux jours plus tôt au sortir du désert, Eddie avait commencé à prendre l'atlas et à plus ou moins planifier les étapes, pour nous faire arriver à Perth en 4 jours. J'avais dit que je n'étais pas d'accord sur le principe, qu'on ne pouvait pas voir sur la carte ce qu'il y avait à faire ou à voir sur place, que peut-être qu'il avait raison et que ça ne nous prendrait pas plus de 4 jours, mais qu'à mon avis c'était la partie la plus intéressante du voyage, et qu'on se mettrait des barrières inutiles si on planifiait tout comme ça à l'avance.
On s'était frités là-dessus, la discussion n'a pas vraiment abouti, et on a laissé ça dans le flou. Au final, le jour de pluie a été arrangeant puisqu'on a fait de la route toute la journée (quoi d'autre, sinon ?).

Et ce matin-là donc, au camping plein de français, le jeudi, Eddie et Jessica ont demandé à ce qu'on regarde où on en était des comptes. On a fait le bilan, on a estimé ce qu'il restait avant d'arriver, et j'ai parlé de la bouteille de gaz qu'il faudrait remplir (environ 10-15 dollars, pas grand-chose).
Et Jessica a annoncé : "Moi je participe pas pour le gaz, je peux pas"
J'ai laissé entendre que, ben si vous allez participer, je vois pas pourquoi je paierai ça toute seule...
Et la discussion s'est arrêtée là, on a repris la route.

A Denmark, on a vu des piscines naturelles, jolies.

Et puis sur la route, la discussion a repris.
On a reparlé du gaz, Eddie n'était pas d'accord pour payer non plus, sous prétexte que j'avais dit "j'ai de quoi faire à manger". Ben oui, j'ai du matos, mais le gaz, ça se consomme...
Quand j'ai soulevé le fait que je ne buvais pas de café, et qu'eux en prenaient un le matin, et un l'après-midi, et quand j'ai dit qu'habituellement je mangeais froid le midi (alors que lui cuisinait systématiquement, et se refusait à manger le moindre sandwich après le premier soir), il a répondu : très bien, tu sais quoi, on va plus boire de café.
Ok...

Et histoire d'être sûre de pas argumenter là-dessus au dernier moment, j'ai reparlé du fait que, comme on avait commencé le voyage avec un plein d'essence que j'avais payé, il faudrait terminer par faire un plein qu'on se partagerait.
Là, ça a totalement dégénéré.
Il a dit qu'il voyait pas pourquoi il me paierait de l'essence pour mes futurs voyages, j'ai répondu que, alors, pourquoi j'avais payé le plein de départ ? Il a dit ok, et ben alors compte ce plein-là dans nos comptes, mais je ne veux pas payer le dernier.
J'ai dit : ok, si tu veux on va faire comme ça, mais tu te rends bien compte que ça revient au même ?
Visiblement, non, il ne se rendait pas compte (LOL, comme on dit). J'aurais même pu carrément l'entuber en faisant un plein et ne l'utilisant qu'à moitié pour arriver à Perth, mais non (trop bonne trop c**** hein)...

Et puis, cerise sur le gâteau, il a commencé à remettre en question le fait qu'on partage l'essence en 3/4 eux - 1/4 moi (ce qui franchement leur faisait à chacun $50 de plus que si on divisait en 3, ridicule comparé aux frais que j'engage pour l'entretien et les papiers), et il s'est servi des discussions qu'on avait eues amicalement pendant ces 10 jours en concluant scandaleusement par un :
"Tu te paies des vacances à Hawaii, une planche de surf et un van à 5000 dollars et t'es à 50 dollars près ? Faut pas déconner"
Je me suis contentée d'un "Alors ça, c'est pas tes affaires mec".

Parce que le deal de départ est honnête, n'a rien à voir avec ce qui ne concerne pas le van, et le van à 5000 dollars qui ne tombe pas en panne au milieu du désert, ils sont bien contents de voyager avec, hein !
Et puis le deal, au départ ils l'ont accepté sans discuter, alors soyez honnêtes les gars !


La discussion s'est conclue par lui qui disait "ça commence à être lourd comme ambiance et personne n'en profite", moi qui répondais "c'est valable pour moi aussi, ce soir on peut être à Perth si on veut" et lui qui a dit "OK".

J'étais bien contente.




A partir de là, j'ai été stupide.
J'ai conduit au plus haut autorisé (pas en mode flânerie), je ne me suis arrêtée que quand ils l'ont réclamé, j'ai passé les choses à voir sans tourner la tête (ha le voyage est fini hein, ok!) (c'est c** parce qu'on a quand même loupé des trucs bien) et le soir même, on arrivait à Perth.
J'ai eu la galanterie de les déposer devant leur backpackers, et je me suis enfin retrouvé tranquille, toute seule.

Nan parce qu'ils peuvent dire, hein, mais moi depuis le 2ème jour du voyage je serrais les dents sur certains points...



A Perth, et libre !

(c'est les joies du voyage avec des inconnus, je me devais de vous les faire partager)

(la prochaine fois, je fais un questionnaire pour sélectionner les postulants, et je fais signer un papier avec les détails de l'accord)
(Nan mais ho !)




10 jours - 4000 km - 2 états - 5 kangourous - 5 émeus - 3 aigles - 2 boulets - 1 goanna
1 cow-boy facétieux et 3 clichés
Au centre

5 commentaires:

  1. C'est dingue comme tu es bronzée !!
    tu vas dépareiller à Paris haha. Décidément, tu n'as pas de chance avec ces inconnus ! Moi j'aimerais bien que tu me récupères quelque part (à toi de voir où, je peux descendre jusqu'à Marseille si ça te fait plus près), je signe où tu veux et je paye tout ce que tu veux !!!
    Gros bisous

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  2. Bonté gracieuse, my dear, aurais-tu oublié qu'en français on dit "3 émeus idiots", et pas "3 idiots émeus", n'aurais-tu pas? Je sens qu'on va rigoler quand tu vas rentrer, ya pas qu'avec ton bronzage que tu vas dépareiller...
    What about les "3 clichés"? J'ai relu 2 fois tout le trip, et je ne trouve pas! Ce ne serait pas les 3 Australiens quand même, ils étaient si terribles que ça?

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  3. Eh ben j'étais bien en retard dans ton récit. Du coup, j'ai du beaucoup scroller pour tout rattraper (surtout vu le nombre de photos sur chaque page) mais c'était un régal !
    Quelle baroudeuse tu fais ! J'adore ! :D
    A quand le tour du monde ? ;-)

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  4. @ Emma : écoute moi je peux monter jusqu'à Darwin si tu veux... Et j'aurai rien à te faire signer à toi, enfin ! ;)

    @ Sand : Si si, les 3 clichés sont les 3 australiens. Ca oui ça va pas être facile le retour au français pur. Tu verrais déjà avec Emily qui compte sur moi pour retrouver certains mots qui lui échappent... et à moi aussi...

    @ Cha : héhé, j'ai dit que j'allais arrêter de mettre des photos mais j'y arrive pas... Limite j'en mets plus qu'avant encore !!
    Baroudeuse en canapé oui ! ;)
    Je sais pas si j'ai envie de me faire un trip tour du monde. Il faudra que je me repose d'abord.

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  5. ah non mais j'adore les photos ! Continue ! Surtout que les tiennes sont magnifiques.
    J'imagine bien qu'en rentrant tu auras besoin de te reposer et te poser un moment, c'est bien normal. Mais je trouve que tu as l'âme d'une baroudeuse ! Et l'envie d'un peu de confort de temps en temps est bien normal ! :)

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