Iil y a des moments qui font partie du voyage, et qu'il est difficile de dire. Qui ne seront sur aucune photo, ou qu'aucune photo ne pourrait illustrer complètement, parce que c'est aussi dans les tripes que ça se passe.
Des moments difficiles où l'on se demande ce qu'on fait là, pourquoi, hein, pourquoi, à quoi ça sert ? Et comment on va pouvoir le finir, le continuer, peser le pour et le contre, faire des calculs... et si jamais on peut continuer, est-ce qu'on en a au moins envie ?
Des moments où on ne voit pas l'issue.
Et des moments où l'on sait qu'il va falloir partir, alors qu'on voudrait rester là. Mais non, il faut continuer.
Des moments où l'on veut rester, ou des moments où il tarde de rentrer, des moments où l'on ne sait plus trop, et des moments où l'on change d'avis.
Il y a les moments où l'on est un peu trop seul, et les moments où on ne l'est pas et où il tarde de l'être. Les moments aussi où les visiteurs partent. Ca, c'est dur.
Et puis il y a les instants de grâce.
Un oiseau, un ciel, un lever de soleil alors qu'on va travailler à vélo quand tout le monde dort encore. Une plage de sable blanc, une eau cristalline, un kangourou qui se laisse toucher. Des perroquets sur la pelouse du voisin, un ciel de crépuscule avec une lune énorme en rentrant du travail à pied un soir.
La lumière sur le bush, la route vers Margaret River par Caves Road, le retour dans une lumière dorée, comme jamais le terme "lumière dorée" n'avait eu autant de sens.
Les grenouilles qui chantent à la nuit tombée.
Le footing le matin le long de la côte.
Un coucher de soleil sur un air d'opéra, un nuage illuminé qui forme un boomerang et semble dire : reviens...
Et les gens. Un sourire, un hochement de tête, une ambiance. Parler dans dans une autre langue sans faire d'effort.
Aussi, les gens que l'on côtoie plus souvent, les gens à qui on se lie, un peu, sans s'en rendre compte, qu'on apprend à connaître. Les gens qui deviennent des gens qui comptent.
Dans le voyage, j'aime être sur la route, découvrir tous les jours de nouvelles choses, mais je me demande si je ne préfère pas me faire me faire une petite place quelque part. Apprendre à vivre là, découvrir les habitudes, le mode de vie, m'adapter à ça. Reconnaître des gens dans la rue, et aussi être reconnue. Me rendre compte que j'en suis capable, de faire un bout de vie n'importe où.
Je m'aperçois que c'est ça qui m'apporte le plus de ces instants de grâce.
Et en même temps, c'est ce qui est le plus dur à quitter, aussi. Parce que j'ai plus de temps pour y créer des liens avec les gens et avec les lieux. Alors c'est une déchirure à chaque fois, une petite mort au moment de partir.
Je laisse un bout de moi dans ces endroits où j'ai vécu et avec ces gens que j'ai appréciés.
Et plus les moments de grâce ont été nombreux, plus partir est difficile.
Je profite de cet article pour te dire que c'est toujours un plaisir de te lire. Tu me fais voyager alors que je suis au bureau, à Paris. Tes récits sont toujours empreints d'émotion, ils me font rêver.
RépondreSupprimerProfite bien de tous ces moments et reviens chargée à bloc, toute bronzée avec de belles choses à nous raconter.
Je t'embrasse bien fort.
tu t'en fiches quoi en fait ? hahahaha ;)
RépondreSupprimerA ma COPINE Emma :)
RépondreSupprimerMaiiis heuu !
Merci de tes petits mots toujours là, merci ! Je ne sais pas si je reviendrai chargée à bloc, mais j'espère bien qu'on se retrouvera autour d'un chocolat chaud (quoi ? ah c'est bientôt l'été en France ? bon, autour d'un thé glacé alors ;) ) et je te raconterai tout ce qui pourra sortir, je répondrai à toutes tes question, et ce sera un plaisir !
J'espère que tu vas bien, tu me raconteras ton année toi aussi !
Gros bisous copine :)