Et puis un jour, le 28 Avril, les copines ont débarqué en Australie.
Ce jour-là, je crois que je faisais la fermeture à la bakery, alors à 5 heures, j'ai pris quelques miches de pain, je suis rentrée prendre une douche (parce que, faudra que je vous en parle un peu, mais la bakery, c'était loin d'être de tout repos), et j'ai pris la route vers Perth.
Environ 3 heures plus tard, je retrouvais les filles près de la gare, et je suis restée avec elles presque 24 heures bien remplies, entre une soirée à boire un verre en centre-ville (et à se faire virer du bar parce que, comprenez, il est 10 heures, et puis c'est lundi soir, donc on ferme ..!!), la nuit à dormir clandestinement dans leur chambre au backpackers, le lendemain à vadrouiller en ville, à faire une promenade en ferry sur la Swann River pour aller jusqu'à l'embouchure à Freemantle, et retour, et puis un dîner dans un bar-resto, et j'ai repris le van pour rentrer à Dunsborough.
Arrivée à minuit, réveil à 4h30 le lendemain mercredi, et au boulot avant le soleil, à la bakery à 5h30... dur dur, les yeux ont piqué !
Je les avais quittées pour les retrouver assez vite.
Après 2 matinées de travail, j'ai repris le chemin de Perth, direction l'aéroport cette fois-ci.
En effet, grâce à l'argumentation des filles (et à un bon coup de main) je m'étais laissée tenter par ce qu'elles me proposaient, et avais donc réservé des vols et des nuits en auberge de jeunesse pour les rejoindre dans le Centre Rouge de l'Australie.
Au programme :
On se retrouverait le vendredi 1er Avril à midi à l'aéroport l'Alice Springs, où elles avaient loué un 4x4. De là, en route pour Uluru, où l'on passerait la nuit.
Lever de soleil sur le Caillou le 2 au matin, suivi de petites randos dans les monts Olga. Puis, route jusqu'à Kings Canyon pour la soirée et nuit suivantes.
Le 3 au matin, randonnée à Kings Canyon, puis retour à Alice Springs pour le dimanche soir.
De mon côté, je reprenais l'avion le lundi en fin de matinée, tandis qu'il décollerait en fin de journée pour elles.
Me voilà donc, le jeudi en sortant du boulot, sur la route de Perth.
Je suis arrivée à l'aéroport vers 9 heures, largement assez tôt pour avoir le temps de m'enregistrer tranquillement et d'aller bouquiner en salle d'attente.
Le vol le moins cher que j'aie pu trouver, et qui me permettait d'arriver à temps à Alice Springs le vendredi, me faisait passer par Sydney.
Dîner à Perth, nuit en vol, petit déjeuner à Sydney et midi à Alice Springs : c'est pas beau ça ?
Bon, ce que j'avais mal anticipé, c'était le décalage horaire : décollage à 11 heures de Perth et atterrissage à 6 heures du mat à Sydney, ça ne permet pas de dormir 7 heures, non non, mais à peine 4...
Résultat, en comptant la nuit du début de semaine où j'étais rentrée tard de Perth pour attaquer avant l'aube à la bakery, j'étais carrément en manque de sommeil et j'en ai profité pour faire un sort à la vitamine C que le docteur m'avait donnée pour le voyage...
Mais en même temps, quand on fait des choses toute la journée, pas le temps de somnoler !
J'ai donc retrouvé les filles comme prévu, Claire, Pouille et Yourseline à l'aéroport d'Alice Springs, agréablement climatisé et moquetté... :
Après avoir récupéré le 4x4 et fait quelques provisions de nourriture, on est parties vers Uluru, 450 km plus loin.
Le voyage a commencé en beauté (et je vous passe mon petit épisode panique quand j'ai découvert que mes pieds et chevilles avaient horriblement gonflé avec les vols + la chaleur...) quand, s'approchant du but, on a vu un gros caillou apparaître au loin :
On était toutes contentes, on voyait déjà Uluru, alors on l'a bien photographié, et de loin, et en s'approchant, et on s'est même arrêtées, et puis chacune y allait de son petit commentaire en mode "Bah didonc, je l'imaginais pas comme ça quand même" ou "C'est fou comme on s'attend à voir les choses comme on les a vues en photo"...
Et puis la route a continué, est passée à côté du caillou, et l'a dépassé, et là on s'est dit que finalement, ça devait pas être ça. Alors on a regardé la carte, on a vu que c'était plutôt le Mont Conner, et qu'on était encore quasiment à 100 km d'Uluru.
Le Mont Conner aura eu son heure de gloire, au moins à nos yeux...
On a fini par arriver à Yulara resort, grand complexe qui regroupait le bout de civilisation à côté d'Uluru. On a découvert notre dortoir, mangé un morceau, et filé au lit avant d'être totalement dévorées par les moustiques (en vrai, j'ai vu pire, mais bon...).
Surtout, il fallait qu'on soit d'attaque le lendemain !
Et donc, le matin du 2 Avril, le réveil a sonné alors que la nuit était encore bien noire, et on est allées voir le sunrise sur Uluru :
Voici quelques photos parmi les dizaines prises....
(et vous remarquerez sur les deux photos précédentes, on aperçoit les monts Olga sur la gauche d'Uluru)
Et j'y étais : même si ça en a l'air, ceci n'est pas un montage :
Le matin, il faisait un petit peu froid. Frisquet, on va dire. On a bien supporté pantalon et petit pull.
Et puis, quand le soleil apparaissait, ça se réchauffait un peu, et le soleil commençait à monter et à taper... et les mouches apparaissaient...
Mouches à spécialité coin de bouche, de nez, d’œil, ou tours de piste autour (et tout près) de l'oreille. Sans compter la famille que chacune trimballait sur son dos.
Comment dire... c'était bien sûr très agréable.
On s'est demandées à un moment si on allait pas garder des séquelles de ces quelques jours.
Séquelles sous formes de tics nerveux.
Bon, sinon, on a été un peu volées : le Centre Rouge, le fameux Red Center d'Australie, est en fait vert. Tu parles d'un désert !
(on nous a dit que ça faisait 2 ou 3 ans que c'était vert, parce qu'il pleuvait plus, mais qu'avant c'était effectivement rouge...)
En plus, il y a des arbres :
Le soleil étant bien levé, on a bougé vers les Monts Olga, qui s'appellent en vrai Kata Tjuta (qui veut dire "multiples têtes") en langue aborigène.
(De même, Uluru est le nom aborigène de ce qui est autrement connu comme Ayers Rock)
Là, on a fait 2 marches.
Enfin, une marche, la première, pour laquelle on s'était bien équipées, et qui en fait a duré un quart d'heure.
Mais qui nous a permis d'observer pour la première fois cette étrange roche rouge...
Et puis une seconde marche, un peu plus longue, moins facile, qu'on a pas faite jusqu'au bout, mais qui réservait de belles surprises.
Comme une petite vallée verte perdue au milieu de ces monts rouges :
Première pause chips & perroquet
Un peu plus loin, au point de notre demi-tour, la vue s'est ouverte sur une vallée plus grande (mais plus lointaine...).
Alors, toutes petites, on a fait une pause là.
Et puis on est redescendues.
Voici une des rencontres de ce jour-là :
Voici une technique pour éviter d'autres rencontres (les MOUCHES!) :
Pouille sous son meilleur jour
Et à leur tour, on a quitté les Kata Tjuta :
On est repassées devant Uluru et on lui a dit au revoir :
(ça on en aura, des photos sous presques toutes les coutures !)
Et on a roulé vers Kings Canyon resort, 300 km plus loin.
Sur le chemin, les filles ont ramassé un peu de la terre rouge d'Australie :
Et puis on est arrivées à Kings Canyon Resort.
Et pour moi, ce fut la déception.
Il faut dire que j'avais réservé toute mon escapade bien après les copines, et je m'étais efforcée de réserver tous les logements pareil qu'elles. Sauf ce soir-là, il n'y avait plus de disponibilité parmi les dortoirs de 4, j'avais donc été obligée de réserver une chambre privée double, il ne restait que ça. Ca m'avait donc coûté un peu cher.
A 120 dollars la nuit, je m'en faisais une joie d'avance, ça allait être beau, propre, confortable, j'aurais une salle de bains, tout ça.
En plus c'était le soir de mon anniversaire, ça tombait bien, ça me permettait de digérer le prix (c'était mon petit cadeau de confort).
J'ai ouvert la porte de ma chambre, et c'était ça :
Ca = petit, moche, très basique + pas de salle de bains + clim in-arrêtable (un froid d'église m'a enveloppée quand j'ai ouvert la porte... je l'ai refermée aussi sec).
Au final, j'aurais pu m'en douter. Ou pas.
Au moins, ça faisait typique motel américain.
On a posé les affaires dans les chambres (les filles étaient mes voisines, et avaient un lit de libre dans la leur, et au final j'ai dormi chez elles) et on est allées manger et boire un coup au resto du resort.
Quand je dis "resto", il faut imaginer une salle avec le bar et quelques tables, et dehors, des tables alignées (imaginez une mini fête d'Arès du 15 Août, sous des toiles-chapiteaux, et avec 2 animateurs qui chantent et font participer les gens...).
Et les filles m'ont offert un joli collier !
Une fois notre pizza-bière finie, on s'est vite éclipsées avant d'être appelées à participer sur la scène !
Le dimanche matin, on a plié bagages et roulé quelques kilomètres jusqu'à la belle randonnée qu'on projetait :
la plus longue bien sûr.... Si si, je l'ai fait !
Cette rando commençait très fort, en grimpant ça, qui est assez raide :
Mais il n'y avait pas de gravier traître roulant sous les pieds, ce n'était donc pas trop stressant pour moi, et comme on a beaucoup monté d'un coup, la récompense de la vue est arrivée assez rapidement :
On a fait plein de pauses, plein de photos, encore des pauses et encore des photos, et inutile de vous dire que la rando annoncée à 3 heures 30 nous a pris légèrement plus de temps (surtout que je suis pas du style à gambader comme un cabri au milieu des cailloux).
Mais c'était très joli.
A certains moments, on se serait crus dans Indiana Jones.
On est allées au Jardin d'Eden !!
... et on y a mangé des pommes...
On a aussi rencontré la tourterelle rigolote à crête :
Le jardin d'Eden :
(On n'y a pas vu de serpent)
On a rampé au bord du précipice :
(enfin, pas moi)

On a rencontré la wildlife locale, bien camouflée :
Et puis, un dernier regard sur le paysage infini qui se déroulait devant nous, une dernière descente tranquille, et on est arrivées au terme de cette rando fort sympathique (et c'était l'heure du pique-nique!).
Était venue l'heure de retourner à Alice, et on a emprunté une piste traversant des territoires aborigènes, pour laquelle on a demandé un permis au Kings Canyon Resort.
Alors, c'était bien, parce qu'on a croisé des camions qui soulevaient de la poussière rouge, ça faisait un peu comme dans les films, le truc typique,
C'était bien, parce que sur le chemin on a vu des chevaux sauvages,
Et même, de plus loin, on a aperçu des chameaux sauvages, aussi.
Et puis c'était bien, parce que, comme il passait une voiture toutes les demi-heures, on pouvait s'arrêter en plein milieu de la route et faire les ânes...
Alors oui, c'était bien tout ça... mais 200 km de piste, c'est quand même TRÈS long.
Du coup, quand on a retrouvé une route revêtue, après plus de 3 heures de route, on a été un peu euphoriques...
Notamment, on est arrivées à un "Floodway" (partie de route susceptible d'être inondée), et c'était un peu couvert d'eau. On s'est arrêtées, on est descendues de voiture, on a fait des blagues, on a pris des photos, et puis on a traversé en rigolant les 3 flaques au milieu du chemin (wouhou !).
Là où on a moins rigolé, c'est quand on est arrivées face à un floodway bien inondé, et qu'en freinant le 4x4 on s'est arrêtées pile à un endroit où les roues avant sont restées coincées entre des pierres et une marche en béton, si bien que la voiture ne pouvait plus ni avancer ni reculer.
Pendant ce temps-là, le soleil se couchait, c'était beau mais on n'y faisait plus vraiment attention, et il ne passait aucune voiture sur ce bout de route...
On sent l'angoisse sur la tête de Pouille, non ?
On a essayé de pousser vers l'avant, vers l'arrière, rien à faire.
Soudain, Claire a eu l'idée de combler la marche qui bloquait les roues en y apportant du sable-gravier qu'il y avait là, donc on y a toutes mis les mains, et puis elle s'est mise au volant et finalement, le 4x4 a bougé, et Pouille, Yourseline et moi, on l'a vue traverser tranquillement l'eau sur sa lancée, tandis qu'on restait sur l'autre berge, et que Pouille émettait un plaintif : "et nous... ?"
On allait devoir traverser à pied, nous.
"Vous croyez qu'il y a des crocodiles, par ici ?" j'ai demandé.
Pouille a répondu : "Bon, on va se la faire rapide, les filles".
Comme la chaussée inondée était glissante, on a enlevé nos tongs et toutes les trois, absolument pas rassurées, on a couru dans un ensemble parfait pour traverser le fleuve le plus vite possible, pour échapper aux potentiels crocodiles ou créatures louches qui pourraient nous chopper les orteils...
De l'autre côté, Claire nous criait : "Attendez, je vais prendre une photo !"
Sauf qu'on avait pas trop envie de rester les pieds dans l'eau juste pour la photo, donc elle l'a eue juste après la Traversée :
Après avoir remis des habits secs, on a enfin pu apprécier le charme mystérieux du moment : un coucher de soleil dans un pays lointain, de belles couleurs sur une route inondée, près de laquelle rôdent peut-être des bêtes sauvages... :
Des bêtes sauvages, on en a vu une dernière fois ce soir-là sous la forme de kangourous bondissant en bord de route.
Et puis on est arrivées à Alice Springs juste à temps pour récupérer dans les mains de la réceptionniste qui partait les clés de nos chambres de backpackers.
Après toutes ces émotions, il fallait bien manger, et à même pas 9 heures, on a trouvé le dernier resto ouvert de la ville (sans compter les fast-food bien sûr), qui servait entre autres des plats locaux. J'ai partagé avec Claire un plat composé de 4 saucisses de kangourou, crocodile, chameau et émeu. Les deux derniers ayant un goût plus prononcé de gibier, j'ai moins aimé, mais le kangourou et le crocodile, ça passe plutôt bien.
Le lundi matin, à 10 heures, je reprenais l'avion pour Perth, au terme d'un weekend bien rempli avec les copines...
MERCI !

aaaaaaaaaaaah j'adore ! c'est un de "mes" récits préférés ! peut être parce que ça implique des copines, des rires et des bons moments !
RépondreSupprimergénial (à part le motel, je comprends la déception !)
gros bisous
:)
RépondreSupprimerBah, avec le recul, le motel ça fait sourire.
Surtout quand j'ai trouvé une bête sous l'oreiller. C'était vraiment cliché.
Mais le mieux, c'était la pizza-bière avec ambiance fête d'été tranquille le soir de mon anniversaire. Pour de vrai, c'était terrible.
Gros bisous Emma !
Et une addiction de plus!!!depuis que Sandrine m'a indiqué le chemin de ton blog, je l’emprunte very very often. pour être davantage dans l'ambiance du bush nous lisons les nouvelles de Kenneth Cook. un régal. bises
RépondreSupprimerflorence Peydière
PS: nous raffolons les photos de tes pieds qui rythment tes savoureux récits.
RépondreSupprimerdes photos
RépondreSupprimermayon !!! j'ai envie de te dire que C'EST l'article que je préfère de tous ... et surtout le passage où tu racontes notre traversée de la floodway. pk? parce que j'emploie les mêmes thermes que toi pour raconter aux gens notre petite panne, à savoir donc : " "Vous croyez qu'il y a des crocodiles, par ici ?" j'ai demandé. Pouille a répondu : "Bon, on va se la faire rapide, les filles". " des souvenirs qui paraissent tellement loin mais tellement inoubliables ... ;)) des gros bisoux, on pense fort à toi et DE RIEN pour répondre à ton MERCI :D
RépondreSupprimerPouille
Je suis toute émue à la lecture de cet article. Ceci est un mélange de nostalgie (ta petite phrase "4 jours - 1100km - 4 copines - plein d'aventures" résume tellement bien tout ça) et d'un petit pincement au coeur d'avoir pu vivre tout ça avec et grâce à toi.
RépondreSupprimerQue de bons souvenirs!!!
Bisous et prends soin de toi.
Claire
@ Florence : Merci :) Si Cairns m'en laisse un peu le temps, j'aurai peut-être le temps d'écrire un nouvel article, mais pour l'instant je n'ai rien sous le coude.
RépondreSupprimerQuant à mes pieds, pour l'instant, ils sont surtout sales... :)
@ Pouille : Haha, y a des moments comme ça qui restent gravés, jusqu'aux paroles exactes :D
@ Claire : Tu es émue ? J'ai pourtant passé sous silence le moment où je pleure à l'aéroport ! :)
@ Pouille et Claire : Si vous aviez pas été là, j'aurais clairement pas fait ce bout de route, et en plus le faire avec vous, c'était cool :D
Gros bisous les filles, je vais me laver les pieds et je reviens ;)
Allllllez, je veux et j'exige un nouvel article :)
RépondreSupprimerun articleeeeee !
RépondreSupprimersanka .... ?
RépondreSupprimerMayon reviens !!!
RépondreSupprimerJe constate que le 25 mai, tu es allée "te laver les pieds" et que tu n'es plus revenue...
RépondreSupprimerque faut-il en déduire ??