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lundi 9 juillet 2012

D'Inskip Point à Brisbane

Après 36 heures passées sur Fraser Island, nous retrouvions le monde réel, ce soir du 13 Juillet.

Enfin.
"Le Monde Réel".

Juste le temps d'aller faire un lavage de voiture, parce qu'avec la dose de sel qu'il s'était pris ces deux jours, Liam ne voulait pas laisser au 4x4 le temps de rouiller.
Mon premier lavage à la station karcher, je ne m'en souviens plus trop bien, comme d'un souvenir un peu traumatisant qu'on s'empresse d'oublier. Par exemple je me souviens d'avoir frotté, lavé, eu les pieds dans l'eau, mais ma mémoire, sûrement sélective, peine à me renvoyer ce que faisait Liam pendant ce temps.

Je me souviens juste d'avoir fini avec les pieds bleus de froid et un vague sentiment intérieur d'injustice.

Ensuite, on a regonflé les pneus, Liam s'est mis en quête d'appâts frais, et au passage il a demandé où on pourrait éventuellement dormir discrètement. Le mec lui a répondu, au port, dites que vous pêchez, personne ne vous emmerdera.

Alors on est allés au port.
Enfin.
"Au Port".

On a pêché un peu, un couple qui partait avec deux gros poissons nous a laissé ses restes d'appâts de calamar (une odeur !), et Liam a fini par attraper un petit poisson. Le même que le matin même.

Pendant ce temps, moi je n'arrivais à rien, alors j'avais laissé tomber la canne et pris l'appareil photo pour la tombée du jour.

Je suis sûre que quelqu'un habite dans ce bateau !


Mudcrabs for sale

L'arbre - ferry

Et puis, Liam est revenu à la voiture avec son poisson, et on a discuté un peu de savoir où l'on allait dormir.
Parce que le port, c'est bien gentil, mais entre le conducteur du ferry, le pêcheurs du soir, les pêcheurs de la nuit, le mec qui vient promener son chien, et les 3 jeunes qui viennent boire des bières... j'ai pas eu l'impression qu'on passait très inaperçus. Ça devait se voir gros comme le nez qu'on était pas vraiment là pour pêcher (enfin, Liam si, peut-être).

On a donc décidé d'aller s'installer sur la zone de camping du bord de la côte, un peu plus loin vers le bout de la péninsule.

Il y avait des gens posés par endroits, on s'est trouvés un coin pas occupé, et pendant que je montais la tente, Liam faisait cuire son poisson.
Vu la taille de la bête, je me suis sacrifiée et lui ai laissé le privilège de la manger entière.
Il a insisté pour que je goûte un peu, et vu le goût (une odeur !), le sacrifice n'était pas bien dur. Déjà que j'aime moyen le poisson, dites-vous qu'un poisson tout frais pêché, par rapport au poisson du poissonnier, ça a le même goût qu'un gibier par rapport à la viande du boucher.
Ça sent fort.

Par rapport à la veille, la nuit fut tranquille.

J'ai adoré ce coin pour camper !

Le lendemain matin, 14 Juillet au lever du soleil, nous décampions et allions nous poser sur le parking de front de plage de Rainbow Beach (1100 habitants, wouhou !).

Jolies toilettes, où toute notre vaisselle a enfin pu être lavée.

On avait une jolie vue sur la plage, et on a profité de l'endroit un bon moment de la matinée, pendant que Liam allait se procurer je-ne-sais quelle pièce chez un garagiste, et que j'essayais de faire un peu d'ordre dans le coffre.


Et puis quand il est revenu, il m'a annoncé qu'il avait décroché une journée d'essai chez le mécano pour le lendemain, et comme il fallait rester dans le coin, on a décidé d'aller faire un tour sur la plage.
En voiture bien sûr. Puisque le guide indiquait que, à 13 kilomètres vers le sud par la plage, les surfeurs peuvent affronter les rouleaux.

Enfin.
"Affronter les Rouleaux" :

Je répète : Les Rouleaux.

Ah, ça c'était joli, ça déroulait bien, ça oui.
Mais moi qui d'habitude saute sur les petites vagues pour surfer sans flipper (répétez 10 fois à toute vitesse), et bien là, je n'ai même pas essayé. Il n'y aurait même pas eu assez de force pour pousser ma planche.

Enfin, c'était très joli, très tranquille et très agréable, Liam n'était pas le seul mec à l'eau (les autres avaient entre 6 et 10 ans) et je n'étais pas la seule nana à attendre à l'ombre de sa voiture (c'est le papa qui s'occupait des gamins).

Je vous passe le moment où on est repartis, mais où on s'est arrêtés une heure à mi-plage pour que Liam pêche.

Le soir, petit squattage de la bibliothèque municipale, où on a rechargé les batteries d'ordinateur, re-lavage de voiture, re-gonflage de pneus, et re-camping au même endroit.



Le lendemain matin, il faisait gris, le ciel était bas et sombre, et prise d'un coup de folie, j'ai couru faire un fou plouf matinal dans l'océan.
J'adore. Quand il fait bien meilleur dans l'eau qu'il ne fait dans l'air.

J'étais encore en train de barboter quand il s'est mis à pleuvoir.
On a plié le campement en vitesse, et on s'est rendus pour 8 heures devant la boutique du mécanicien, où Liam allait travailler.


Pour vous la faire courte, il a plu toute la journée, une petite pluie fine et incessante d'hiver, une journée insupportable où j'ai erré entre l'office du tourisme qui proposait internet pour quelques dollars, et la supérette où j'ai acheté des boîtes de tim-tam. Que j'ai consciencieusement vidées. Ce jour là, bien entendu, la bibliothèque était fermée. Comme de par hasard.
Alors j'ai fini par retourner au garage, devant lequel le 4x4 de Liam était sagement garé, ni vue ni connue je me suis glissée à l'intérieur et j'ai lu, tapie le plus bas possible sur le siège pour que l'on me voit le moins possible.

Vers 16 heures, j'ai entendu des voix, Liam et le garagiste se serraient la main, et il est revenu au 4x4.
L'air atterré.

Alors voilà, Liam, il aime beaucoup la mécanique, mais quand quelqu'un lui donne des ordres ou surveille un peu ce qu'il fait, ça le stresse. Du coup, il avait enfermé les clés à l'intérieur d'une voiture, et cassé la poignée en voulant l'ouvrir.
Alors voilà, Liam il avait travaillé toute la journée pour rien. Il n'avait pas gagné d'argent pour ces 8 heures de boulot, parce qu'il était à l'essai, et il n'y retournerait pas le lendemain, parce qu'il n'en avait pas envie.

Il était déprimé, plein de questions existentielles, et il a décidé que, ce soir-là, il ne fallait pas retourner au même camping que les deux nuits précédentes. On avait eu de la chance deux fois, il ne fallait pas la pousser trop loin.
Genre. Il faisait un temps de m**** mais apparemment ce soir-là, si on y retournait on se ferait prendre par un ranger. Genre. Et comme il pleuvait, il a décidé qu'on ne pouvait pas dormir sous la tente. (Mais où est passé le McGiver aventurier ? il a peur de l'eau !!!?)

Ce soir-là, après avoir tergiversé et laissé trainer l'affaire jusqu'au plus tard possible, Liam s'est donc garé sur un bout de parking en face de chez le garagiste, qui lui avait conseillé l'endroit. Et puis assez rapidement, sans qu'on ait vraiment parlé de l'organisation, il a décidé qu'il était fatigué, et il est passé à l'arrière du 4x4.
On allait donc dormir là. Sur les tas de sacs et de boites et de chaussures et...
Il a pris ce qui l'arrangeait, s'est tourné, m'a demandé si j'étais bien installée (et mon yeah trèès hésitant ne lui a absolument pas mis la puce à l'oreille), et s'est endormi. Le salaud, il s'est endormi comme un bébé.

Et moi, je me retrouvais là, comme une conne.
Je m'étais fait royalement chier toute la journée toute seule à errer sous la pluie dans ce bled pourri, il avait fait la gueule toute la soirée, avait à peine décroché trois mots, et il s'était endormi, me laissant les yeux grand ouverts à essayer de faire abstraction à la fois du trou entre les valises, dans lequel je m'enfonçais désagréablement, et des coins pas particulièrement moelleux de ces mêmes valises.


Une rage telle était en train de monter en moi, un ras-le-bol extrême de cette situation, que je suis repassée à l'avant. Espérant qu'il sentirait que quelque chose n'allait pas, et que ça le réveillerait.
Aucun effet.

Alors j'ai pris un mp3 pour me changer les idées avec la musique, et je suis sortie sous la pluie.
Aucun effet.

J'ai fait quelques pas, au bout d'un quart d'heure dehors, toujours rien.
Et je n'avais absolument pas sommeil. C'était horrible. J'ai décidé que, quitte à faire les cent pas, autant que ça me mène quelque part, et quitte à aller quelque part, autant aller au pub, parce que, quitte à m'emmerder, autant être bourrée et m'emmerder en rigolant.
Je me disais en plus que si jamais Liam se réveillait et ne me voyait pas, sans savoir où je pouvais être, ça l'inquiéterait sûrement, et cette idée me réjouissait au plus haut point.

Une bonne demi-heure plus tard, j'y arrivais. C'est le pub le plus désert que j'aie jamais vu en Australie un vendredi soir.
Y avait juste trois gars à l'air louche, je me suis contentée d'une bière à emporter, que j'ai mise dans ma poche de manteau pour retourner au 4x4.

Bon c'était pas hyper rassurant.
La nuit, dans un bled paumé mais bien étalé, marcher et voir une voiture de police qui ralentit à mon passage, me rendre compte qu'il y a un mec qui promène deux gros chiens derrière moi (pas mes mollets, non pas mes mollets)...

Après presque une heure et demie de vadrouille, j'étais contente d'arriver au 4x4, où j'ai enfin ouvert ma bière (une bonne grosse bière australienne) que j'ai descendue en bien moins de temps qu'il ne m'avait fallu pour aller la chercher.
Quelques minutes plus tard, ça allait beaucoup mieux, je suis rentrée dans la voiture en riant un peu de moi-même et de cette sorte de gros caprice que j'étais en train de faire, alors que Liam dormait toujours paisiblement.
J'avoue que j'avais volontairement abandonné toute sorte de délicatesse superflue, et quand cet énorme rot de bière est arrivé, je l'ai laissé sortir sans gêne.

Ce qui a finalement réveillé Liam !
Qui m'a demandé si ça allait bien, qui était un peu inquiet que je sente l'alcool alors qu'on n'en avait pas une goutte dans le 4x4, qui était inquiet de me voir lui rire ironiquement au nez sans explication.

Il a fini par comprendre un peu la situation et s'est arrangé pour me filer une couverture pour amortir les coins de valise, et la bière aidant, j'ai enfin pu m'endormir.


Le lendemain matin, il pleuvait toujours, et on a juste décidé de très vite partir de là, où on n'avait absolument plus rien à faire.


On a roulé jusqu'à Noosa, sous une pluie incessante.

A l'office du tourisme, j'ai eu une idée : la morfonte à regarder la pluie tomber, j'avais déjà donné la veille alors ce jour-là, merci bien. Le temps était par contre parfait pour une séance de cinéma !

Je savais que Liam allait être réticent à la dépense, je ne lui ai tout simplement pas laissé le choix et je nous ai invités pour une séance du dernier Harry Potter.
C'était super. Et après 10 mois entourée d'Australiens, c'était particulièrement amusant d'entendre Harry et ses amis parler anglais avec un accent typiquement british !

Pour camper, on est repartis hors de la ville, une aire de repos près d'un champ, le long d'une route de campagne.


Le jour suivant, la pluie avait cessé, et on a profité un peu de la plage.


Une longue plage orientée face à l'Est, face aux vents.


Les dunes rappelaient les plages de l'Atlantique.

Le matin, je suis allée m'y essayer au surf, mais il y avait trop de courant et des vagues désordonnées, j'ai vite abandonné.


Liam, lui, s'y est plu, et a même remis ça en fin d'après-midi.


La journée passée là, on en a profité pour faire sécher sur l'herbe tout ce qui avait pris la pluie.
Il faisait beau mais frais, c'était agréable.

En repartant pour la nuit, et en s'arrêtant pour faire le plein de vivres au supermarché, on est tombés sur cette vieille Volkswagen, et moi j'en suis tombée un peu amoureuse :


Trop belle !


Alors que notre aménagement rudimentaire de couchage à l'intérieur du 4x4 s'améliorait de nuit en nuit, le lundi 18 Juillet, le beau temps était vraiment revenu.
La plage de Noosa, Main Beach, où on est allés, était parfaite, abritée des vents et des courants.

Les vagues étaient juste à ma taille, je suis allée à l'eau sans combi et j'en ai bien profité pour essayer de m'améliorer un peu sur la planche...


Je serais restée là jusqu'au soir, mais il fallait penser à avancer sur la route.

On a fini la journée à quelques petites dizaines de kilomètres au Sud, un bout de côte entre Maroochydore et Caloundra, où les villes s'étendent le long de la côte.



Après le coucher de soleil à Caloundra sur un ciel dégagé, on a rejoint l'aire de repos autorisée pour la nuit la plus proche, à quelque kilomètres à l'intérieur des terres, où on a avec plaisir remonté la tente sur le toit.

Le lendemain, on serait à Brisbane.

2 commentaires:

  1. bravo et merci pour cette suite. Les photos? magnifiques

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  2. "Liam n'était pas le seul mec à l'eau (les autres avaient entre 6 et 10 ans)" mouhahahah. Ah que tu me fais rire !

    et tu me fais rêver aussi, on commence à vraiment planifier notre séjour en Australie, j'ai hâte !

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