Kairi (comme vous avez bien appris votre leçon, vous savez que ça se prononce Kiraï, n'est-ce pas).
Kairi, où les voyageurs sont les bienvenus.
A : Cairns B : la rivière C : Kairi
Liam au volant de son 4x4 et moi à la Kirravelle, on a pris la route.
J'avais le cœur léger. Je savais où on allait, j'en gardais un excellent souvenir, et je pressentais que Liam allait aimer, tout en appréhendant un peu de me tromper et qu'il ne s'y plaise pas.
La route, longeant d'abord la côte à une bonne distance vers le sud, au milieu des champs de canne à sucre, bifurque ensuite vers l'Ouest et les montagnes des Tablelands, magnifique arrière-plan de ce bout de côte.
Elle commence ensuite à sinuer entre les collines, puis grimpe au flanc des montagnes.
Enfin, on arrive sur le plateau vallonné, les Tablelands d'Atherton, dont l'altitude peut aller de 600 à 1100 mètres.
Et puis, on est arrivés à Kairi.
On s'est garés sur la place principale, sous les grands arbres.
Liam est sorti de voiture, affichant un large sourire.
Il aimait l'endroit.
On est partis pour une balade tranquille, séance photo.
Kairi se prête très bien à tout ça.
C'était déjà la fin d'après-midi, il faisait presque froid, les ombres commençaient à s'allonger.
Le soleil a fini par se coucher au fond d'un champ.
On y est presque restés une semaine, à Kairi, tellement on y était bien.
Dès que le soleil disparaissait, il faisait froid, le matin il y avait de la brume et des gouttes tombaient des arbres, alors que le ciel au-delà était bleu lorsque le voile se déchirait.
J'ai mis pour la première fois le manteau que j'avais acheté à Hawaii, et que je ne pensais pas avoir à utiliser avant de rentrer en France. Mais j'étais contente de l'avoir, ainsi que les bottes fourrées...
Pendant ces journées, on ne faisait rien de particulier, mais on trouvait toujours à s'occuper.
Un matin, Liam m'a préparé sa recette de pannek, une sorte de pain aux noix cuit à la poêle.
Parfait pour se réchauffer et se remplir l'estomac !
Cette semaine-là, j'ai nettoyé l'intérieur du van, trié mes affaires, mis une annonce sur internet pour le vendre.
J'ai découvert une bête bizarre qui se baladait sur les rideaux de la Kirravelle.
Cette semaine-là, j'ai aussi modifié mon billet d'avion de retour.
Au lieu de repartir de Sydney le 1er Juillet, ce serait maintenant le 1er Août.
On s'est beaucoup baladés dans Kairi et dans les environs.
Le dimanche matin, on est allés au marché à Tolga, le village d'à côté.
On a acheté quelques fruits et légumes, farfouillé un peu dans les livres d'occasion.
Liam a acheté des ice-cream beans, des haricots-glace, et j'ai gouté. C'est bizarre, comme une grosse gousse de haricot, qu'on ouvre, on en sort des cocons blancs qui fondent dans la bouche, et un recrache un gros haricot noir.
On a rencontré Tom, un australien d'une quarantaine d'années qui vit dans sa voiture et parcourt le pays en chantant dans les marchés pour se faire quelques sous. Il restait quelques jours dans le coin, on l'a d'ailleurs recroisé à plusieurs reprises, avant qu'il ne parte pour participer à une manifestation anti-nucléaire à un autre endroit.
Le soir, on est allés boire un verre à l'hôtel en face de là où on campait.
Ca faisait quelques jours qu'on était là, et la douche dans la cabane sur la place s'était avérée très froide. Alors, on s'est dit : une bière, et une douche chaude ensuite, zou !
On a bu notre bière, il y avait tous les habitués du coin, visiblement. On était tous au bar.
Liam a parlé un peu avec eux, je ne comprenais pas grand-chose, je me contentais de sourire et de lui demander la traduction ensuite... (oui, donc Liam est canadien-anglais, hein. Il ne parle pas français. Quand je dis traduction, c'était histoire qu'il répète à mon rythme, avec son accent que je comprenais mieux...)
Je buvais plus lentement que lui, et la serveuse lui avait déjà proposé une autre bière, il avait refusé. J'ai fini mon verre, et elle est arrivée et nous a resservis tous les deux.
On était surpris, mais elle nous a indiqué un gars à l'autre bout du bar, qui nous a fait un petit signe de tête.
Et voilà.
La soirée s'est passée comme ça.
A chaque fois un gars nous en payait une nouvelle, et la serveuse n'écoutait pas Liam quand il essayait de payer son coup.
Ils avaient remarqué que Liam ramassait les déchets sur le bord de la route.
On a fini avec le dernier gars, qui attendait que sa femme vienne le chercher, comme on était tous ronds, et lui encore plus. Il était sympa et marrant, plein d'humour, il a mis un moment à se rendre compte que je comprenais bien l'anglais d'ailleurs :)
Sa femme est arrivée, et puis nous, on avait juste à traverser la route.
Pendant la semaine, Liam a découvert des tomates-cerise qui poussaient dans les haies, alors on en a cueilli plein, puisque visiblement personne d'autre ne le faisait.
On en a mangé pendant plusieurs jours.
On a vu les cacatoès qui migraient, tous les matins et tous les soirs, à grands cris.
Le matin, on était réveillés par les kookaburras qui riaient leur cri de singe tôt le matin, et on savait alors que le soleil allait se lever.
On a mangé des tomates.
On a découvert les promos chez Woolworth, on s'est aperçus que le pain était en promo tous les jours à partir de 4 heures, parce que c'était du pain du jour. Alors ils cassaient les prix.
Pareil avec les yaourts, proches de la péremption. Pareil avec la viande.
Alors on a trouvé du foie à un prix ridicule, et ça faisait longtemps.
Je n'avais toujours pas d'acheteurs pour mon van.
Ah, si.
Deux belles fausses joies.
Deux gars, l'un Daniel, l'autre Chris, différents noms, différentes adresses email, différents timings, intéressés pour acheter le van.
Mais pas de bol, ces deux gars différents et sans lien apparent souhaitaient payer par Paypal.
Alors moi, ce qui m'intéressait plus, c'était du cash. Donc pour chacun, j'ai insisté, demandé si ça ne pouvait pas se faire en face à face, j'ai dit que j'étais prête à me déplacer.
Mais non.
Il se trouve que tous les deux vivaient en Grande-Bretagne.
Ils offraient plus cher pour le van que ce que j'en demandais ! Tout ce que j'avais à faire, c'était le conduire à un port et signer un papier avec un responsable du transport... Mmmh. Ok.
Mais Paypal, ça ne m'allait pas.
Trop de moyen de me faire arnaquer.
Donc j'ai proposé qu'ils paient par virement direct sur mon compte.
Mais manque de bol !
Ces deux hommes différents qui ne se connaissaient sûrement pas avaient tous deux un travail en Grand Bretagne qui ne leur permettait pas de se rendre à la banque, et ils n'avaient pas d'accès à leur compte en ligne...
Quelle mauvaise coïncidence !
Alors, bon, le premier, Chris, pourquoi pas.
Mais comme il n'a jamais répondu au mail où je lui demandais pour quoi il comptait s'en servir, s'il voulait le matériel de camping ou pas, où je faisais un peu ma curieuse, comme il n'a jamais répondu, j'en ai conclu que c'était pas un bon plan.
Et puis le deuxième, Daniel.
Lui, pareil, gros espoir, puis le coup du Paypal, déception, alors j'insiste, il n'avait pas encore dit qu'il était à l'étranger.
Et là, il me sort quasiment mot pour mot l'explication Grande-Bretagne / travail / compte en banque inaccessible de l'autre.
C'était trop gros.
Du coup, je n'ai pu que lui répondre :
Oh, vous êtes sûrement amis avec Chris Peterson ?
On dirait qu'il a le même travail que vous en Grande-Bretagne en ce moment, et un petit faible pour Paypal aussi...
Désolée, je vais continuer à chercher d'autres backpackers.
Cordialement...
Et puis, au fur et à mesure, on s'est dit que, si je vendais le van et voyageais avec Liam dans le 4x4, il allait falloir organiser l'espace.
Parce qu'avec ses affaires, il n'y avait déjà pas trop de place.
Un jour, il avait vu des bambous sur le bord de la route, alors il est allé demander à qui était le champ, est allé voir le fermier, qui lui a donné feu vert pour couper.
Alors il est allé couper.
Il est revenu avec ça :
Pendant le reste de l'après-midi, il a mesuré, scié, assemblé à l'aide d'une cordelette.
A la fin, il y avait une étagère sur tout l'arrière du 4x4.
On pouvait mettre plein de choses dessus, des choses dessous.
Ensuite on a rangé, et il y avait plus de place.
Et puis un jour, on s'est dit qu'on allait partir en weekend à Cooktown.
Alors on a dit au revoir à Kairi, et le mercredi 8 Juin, on a pris la route.
Non mais c'est pas possible, c'est vraiment Mac Gyver !!! "Pas de place pour tes affaires ? Pas de souci, je vais couper des bambous !". Manquerait plus qu'il les ait coupés à main nue !
RépondreSupprimerSinon j'aime tjrs autant te lire, merci !
RRRo énorme le coup des bambous! c'est trop bien d'avoir un mc gyver sous le coude!! et mmmmmh les tomates cerises, elles ont l'air délicieuses!
RépondreSupprimeret puis c'est génial cette histoire qu'il ramasse les déchets partout ou il va, une bonne habitude a prendre!
Qu'est-ce que ça a dû vous paraître plan-plan, cet endroit, après l'épisode des crocodiles!
RépondreSupprimerHeureusement, avec tous ces arbres, il devait bien y avoir quelques araignées, et dans les haies, quelques serpents qui traînaient, pour pimenter le séjour...?
Sinon,ça respire la sérénité. Et les gens ont l'air cool. Bien, pour se remettre de ses émotions...
Ca en fait des tomates... J'aurais bien aimé voir l'étagère construite, tiens. Je m'attends à tout avec mac Gyver !
RépondreSupprimerN'importe quoi cette histoire de Paypal.. Je n'accepte quasi jamais les paiements de particuliers, pas assez de graranties...
Bisous !!!
Emma : à mains nues et le petit doigt en l'air silteuplaît :)
RépondreSupprimerFixou : Oui, une bonne habitude qui paie chez les gens intelligents !
Sand : Oui, c'est vrai. Quand on cueillait les tomates, il y avait de petites araignées dans les haies. Et des gros (énormes) rats morts sur le bas-côté... Les gens étaient vraiment sympas.
Bibsa : Je sais même pas si j'ai des photos de l'étagère didonc ! Paypal c'est foireux quand c'est toi qui vends, c'est clair. Bisous !
Pour ce long week end qui approche, on aimerait bien avoir de la lecture...
RépondreSupprimerUne petite virée dans le Far Far North par exemple, ça nous donnerait des frissons qui n'auraient rien à voir avec le temps de Toussaint!
C'est que tu nous as redonné le rythme, ces derniers temps, alors on s'impatiente...:)
Bises!