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jeudi 24 mai 2012

Townsville

Le 26 Juin à l'aube, on s'est donc réveillés à Townsville.

Liam y avait déjà passé quelques semaines lorsqu'il était arrivé en Australie, puisque c'est là que son cousin habitait. Il y était allé directement, y avait acheté son 4x4 et l'avait retapé là. Il connaissait donc pas mal le coin.

Là où on avait dormi, valait mieux ne pas trop s'y attarder. Ca faisait vraiment trop cachette pour backpackers, et en plus, c'était pas si bien caché que ça, lorsque la nuit n'était plus là.



On a alors roulé quelque minutes pour se diriger vers The Strand, l'esplanade de Townsville.
Une très longue promenade longeant la plage.
A l'extrémité Nord de The Strand, il y a une rockpool, une piscine qui protège de toutes les saletés qui trainent dans l'eau dans la région. Notamment, les méduses. On arrivait cependant à la fin de la saison des méduses.




On a passé 6 jours entiers, à Townsville.
C'était long. Et pas si bien que ça.

Pendant ces 6 jours, Liam a un peu vu son cousin, au début.
Puis celui-ci est parti, définitivement de Townsville.

De mon côté, j'avais été en contact avec un couple de Néo-Zélandais qui étaient intéressés pour acheter le van. Il l'avaient vu, l'avaient essayé, mais avaient souhaité que je passe un contrôle technique avant de se décider.

J'avais donc passé le contrôle technique, et le garage m'avait annoncé que, pour l'avoir, il fallait faire des réparations. Le montant des réparations s'élevait à environ 4 fois ce qu'il me restait d'argent à ce moment-là. J'avais éperdument besoin de vendre le van, et je ne pouvais rien faire d'autre.

J'ai donc proposé aux Néo-Zélandais de leur vendre le van à un prix réduit du montant des réparations. Ils ont refusé, ça leur semblait trop compliqué.

Horreur, malheur et désespoir, qu'allais-je donc bien pouvoir faire... ?


Tout ça avait duré quelques jours.

Pendant ce temps-là, pleine d'espoir, j'avais rangé le van de fond en comble, et retrouvé un œuf, intact et seul, derrière toutes les boites. Pourquoi il s'était retrouvé là, et comment il avait survécu tout ce temps, reste un mystère à mes yeux.
Je n'ai pas essayé de le manger.



Les journées passaient, entre le Strand où l'on passait beaucoup de temps, garés, à lire ou se promener, entre une plage qui s'appelait Pallarenda, un peu excentrée de la ville, où l'on pouvait dormir sans problème. Le soir on allait parfois se promener en ville, jusqu'au supermarché où l'on espérait trouver des prix réduits de fin de journée. (en vain)



De temps à autres, quelques perroquets noirs arrivaient en coup de vent et investissaient les arbres alentours de leurs plumes, et l'air de leurs cris.



Le soleil de la pleine journée réchauffait la peau, mais le fond de l'air était bien frais dès qu'il n'était plus à son zénith. Les pieds pouvaient toujours se réchauffer au contact du sol, mais les bras réclamaient une petite laine.



Un jour, on a trouvé un chemin comme abandonné, un peu en recul de la ville. On a décidé de s'installer là pour la nuit, l'illusion de repartir au milieu de nulle part nous plaisait.


Le lendemain, on s'est aperçus que c'était le chemin pour aller chez des gens...

Non loin de là, au bord de l'autoroute, il y avait un grand supermarché Woolworth, où on a enfin trouvé des bons plans : des baguettes à 1$, des kilos de carottes à moins que ça... On a fait des cures de pain et de carottes.

Il y avait une station service où l'on a passé une ou deux nuits, il y avait plein d'autres voyageurs qui s'y arrêtaient. J'ai reconnu un couple d'Italiens de Bondi Beach, et leur van faisait un bruit de la mort...
Liam y a rencontré un vieil Australien, qui avait pris sa retraite et transformé son van de travail en van de voyage, camouflage et vitres teintées. Ils ont beaucoup sympathisé, et on fini par louer ensemble une soudeuse, chacun ayant besoin de quelques réparations. Liam a ainsi réparé le différentiel avant de son 4x4.

Un matin, alors qu'il ramassait les déchets autour de la station service, un employé l'a remarqué, et il a ainsi gagné l'accès aux douches des camionneurs.




Un lamentin - a dugong in english


Les poubelles de The Strand


The Strand était jalonnée de panneaux informatifs sur les dangers de la région, certains décrivaient les différents types de méduses, les effets de leurs piqûres, et que faire lorsqu'on a été touché.

D'autres alertaient sur les dangers du soleil : "Il suffit de 6 minutes pour attraper un coup de soleil"
"Pendant un été au Queensland, les personnes à la peau claire peuvent brûler en seulement 6 minutes. Évitez de vous exposer au soleil entre 10 heures et 15 heures, lorsque les niveaux d'UV sont extrêmement hauts. Pour vous protéger du soleil, appliquez de l'écran total régulièrement, portez un chapeau à large bords et des habits couvrants, et vérifiez votre peau à la recherche de grains de beauté nouveaux ou changeants".




Un jour, on est allés à une plage un peu plus au sud, à laquelle on ne pouvait accéder que par un chemin de sable.
Liam voulait aller surfer.



J'étais pas très motivée, l'eau était marron et j'avais le sentiment d'être encore en plein territoire des crocodiles et méduses.



Finalement, j'y suis allée aussi.
C'était cool, les vagues étaient toutes petites, et c'était la première fois que je me re-baignais dans l'océan depuis Coral Bay, deux mois auparavant, avec Mathieu et Cécile au milieu de la côte Ouest.



Mais la marée changeait et c'est vite devenu pénible et sans vagues, alors on a trainé sur la plage, immense.




The Strand

Lever de soleil à Pallarenda

Il faisait vraiment froid la nuit, le matin je mettais les bottes en fourrure et la veste en grosse laine.
C'était l'hiver.



Pendant la journée, il faisait beau, mais un vent soufflait à décorner les bœufs.
Ce qui faisait la joie des kite-surfers pendant les weekends.





Pendant les weekends, les jeunes de Townsville sortaient, buvaient, faisaient crisser les pneus de leurs voitures et laissaient un peu de caoutchouc sur le bitume.
Ca les amusait aussi, visiblement, de jeter des oeufs sur les vans des backpackers, pourtant paisiblement garés à l'écart de la ville.

Lorsqu'il est apparu que je n'allais pas vendre le van ici, et qu'il allait falloir continuer la route encore un peu avec les deux véhicules, Liam a fait tourner les pneux du 4x4.
(houhouu, pour moi, l'aventure ! Je l'aidais à dévisser et revisser les boulons, c'était la fête !)


Et puis le dernier jour, j'étais partie de Pallarenda un peu plus tôt que lui, pour aller trouver une douche qu'on m'avait indiquée la veille.

Je l'ai trouvée, une douche froide en plein air, par 20 petits degrés.
Mais c'était une douche, et quand on en tient une avant de repartir sur la route, on ne fait pas de chichis. Et puis, on s'habitue aux douches froides. Ça vivifie.
Je m'y suis donc lavé les cheveux. A l'eau froide. Ça vivifie, donc.

Tout près du bloc toilettes-douches, il y avait plusieurs sculptures, alors après avoir posé toutes mes affaires et pris mon appareil photo, je me suis aventurée au milieu de ces étranges créatures...


Haaaa !


Il faisait beau ce jour-là.




Non loin dans un arbre, plein d'espèces d'oiseaux différentes effectuaient un ballet calculé.
Lorsque le rapace arrivait, les perruches s'envolaient, le perroquet blanc changeait de branche, et tout le monde bougeait à nouveau lorsque le rapace s'envolait. Comme un jeu de chaises musicales.




Dans la branche d'arbre sur laquelle ces jeunes perroquets sont perchés, il y a un nid.
C'est un vieux monsieur qui me l'a indiqué, me voyant prendre les oiseaux en photo.



Et puis Liam a fini par me retrouver, et quand j'ai enfin réussi à obtenir du van qu'il passe des vitesses, on a pu repartir.
Direction, le Sud.



Le Sud, pour les 2500 kilomètres et les 27 jours à venir avant de reprendre l'avion.

3 commentaires:

  1. Wouhouuuuuuu un article !! ;) c'était quel mois là quand tu dis qu'il fait froid et tout ? pas le mois d'août quand même ? ;)

    merci de continuer à écrire, j'adore tes récits et tes photos !

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  2. Non c'était fin juin - début juillet. L'hiver, quoi ;)
    Il faisait pas si froid que ça, c'est encore les tropique, mais le soir ça caillait pas mal, et la nuit aussi, et pour prendre des douches froides en plein air, bon, c'est pas l'idéal...

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  3. ok je viens de voir que la première phrase c'est "le 26 juin .....". bon tu peux m'appeler Boulet !

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